Arghavan

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Classé dans : Poèmes et mots des amis et d'ailleurs Mots clés : Liberté

Arghavan Arghavan,

Ma chère branche solitaire séparée de moi

De quelle couleur est ton ciel aujourd'hui?

Est-ce qu'il y a du soleil?

Ou il est encore nuageux ?

Moi, dans ce coin extérieur du monde Je n'ai pas de ciel au dessus de ma tête

Et je ne sens rien du printemps

Dans ce coin sombre oublié

Un souvenir coloré dans mon esprit

Me fait pleurer

Mon Arghavan est là-bas

Mon Arghavan est seul

Mon Arghavan pleure

Arghavan!

Quel est le secret du printemps 1

Qui vient à chaque fois en m'apportant du chagrin ?

Arghavan! Arghavan!

Tiens-toi droit

Chante ma chanson non-chantée

Chante, chante, chante !

 

Extrait d’un poème de Hshang Ebtehaj2 (perse: هوش ) dont le nom de plume est H. E. Sayeh3 ( سایه, littéralement “Ombre”) chanté par Alireza Ghorbani

Sayeh écrivit ce poème alors qu' il était en prison pour des raisons politiques ( on ne l'a pas laissé écrire ses poèmes librement ). Dans ce poème, il parle avec son plant Arghavan ( français : Arbre de Judée)

Traduction en français de Maryam Shahryari

 

 

1 Pour lui, le printemps vient toujours avec son chagrin, alors qu'en Iran, le printemps est le commencement du nouvel an et il faut qu'il lui apporte de la chance et de la joie

2Poète iranien né en 1928. Il est emprisonné durant un an lors de la révolution iranienne en 1979. Il vit aujourd’hui en Allemagne.

3

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Je ne suis pas un ange, ni un diable

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Classé dans : Poèmes et mots des amis et d'ailleurs Mots clés : aucun

Je ne suis pas un ange, ni un diable, qui suis-je et que suis-je?

Je suis moi.

Ni de vent ni de feu, je ne suis pas que le petit-fils de la terre!

Moi et une petite lampe qui s'éteint sous le souffle d’une brise

Pas d'aube dans ma main, pas d'étoile sur mon front

Moi et une robe serrée qui n'est pas à ma taille

Je n'ai pas le ciel à ma porte, ni Dieu dans les mains

Je ne suis pas le juste absolu, ni injuste, ni mal

Je ne suis pas absolument bon

Je suis ablaq1, noir et blanc !

Que je suis impliqué dans le bien et le mal

Je ne laisserai pas ce chagrin s'échapper et ni l'embrasserai, c'est le chagrin ! que devrais-je faire !

Que puisse-je dire d'un adversaire que je ne choisis pas?

Je ne veux pas ajouter du sel sur une blessure permanente

Je ne suis ni le premier fatigué, ni le dernier souffrant

J'ai soif d'un baiser de ses lèvres dont je devrais être reconnaissants dans l’instant

Car Je ne sais pas ce qui m'arrivera demain

 

Hossein Monzavi 2

Traduction du persan : Maryam Shahryari

Chanté par Homayoun Shajarian

" نه فرشته ام نه شیطان"

 

نه فرشته ام ، نه شیطان ، کی ام و چی ام؟ همینم!

نه ز بادم و نز آتش ، که نواده ی زمینم!

منم و چراغ خردی که بمیرد از نسیمی

نه سپیده دم به دستم ، نه ستاره بر جبینم

منم و ردای تنگی که به جز «من» اش نگنجد

نه فلک بر آستانم ، نه خدا در آستینم

نه حق حقم ، نه ناحق نه بدم ، نه خوب مطلق

سیه و سپیدم : ابلق! که به نیک و بد عجینم

نه برانمش ، نه در بر ، کِشَمَش ، غم است دیگر!

چه بگویم از حریفی که من اش نمی گزینم؟

نزنم نمک به زخمی که همیشگی است ، باری ،

که نه خسته ی نخستین ، نه خراب آخرینم

تب بوسه ایم از آن لب ، به غنیمت است امشب

که نه آگه ام که فردا ، چه نشسته در کمینم

 

حسین منزوی

 

 

1Terme iranien qui signifie bicolore

2Hossein Mozavi. Poète iranien contemporain (1947-2004). Il propose une vision à la fois généreuse et pessimiste de la vie. Comme le mal fait partie de la vie, comme nous sommes soumis à la dictature du temps qui passe, il faut chanter la beauté et l’amour

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Le monde dans une brindille

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Vivre, Ennui

Courir !
Courir !
Encore courir !
Au loin le métro, 
Le téléphone dans ma poche,
Dans mon sac, les clefs de ma voiture,
Mon chéquier, mon portefeuilles,
« Bonjour mon amour ! À ce soir ! »
« Salut les enfants ! Travaillez bien ! »
« Vous allez bien madame Martin? 
Oui ! Oui ! Je sais ! Vous me direz ? »
Allo ?
Allo ……

Je dérive !
Loin, très loin, dans un nuage de coton,
J’entends des bruits étranges :
Tuuut ! Tuuuut !
Une sonnerie !
Des gens s’affairent autour de moi.
Où suis-je ?
Mon esprit s’envole.

«Qu’est-ce que j’peux faire !
 J’sais pas quoi faire !»
« Silence ! J’écris ! »
Anna Karina et Jean Paul Belmondo, dans un paysage de rêve, traversent mon écran intérieur.

J’ai dix ans.
Il fait chaud, très chaud !
Le soleil darde ses rayons brûlants,
L’air vibre au-dessus des touffes de thym,
Le puits et la citerne,
La citerne et le puits.
«Qu’est-ce que j’peux faire !
 J’sais pas quoi faire !»
Je m’allonge sur le sol et contemple une mante religieuse avaler son mâle.
Plus loin, une araignée tisse sa toile,
Je lui donne une mouche et la regarde l’envelopper.
Thriller !
Une colonne de fourmis s’agite à double sens,
Une véritable autoroute traverse la campagne,
Je la suis le long des feuilles mortes,
Sur le rebord des branches,
Au travers du vieux mur de pierres sèches.
« Ne s’arrêtent-elles jamais ? »
Du vieux gramophone de la véranda me parvient ce vieil air :
« Y a tant de choses, tant de choses, tant de choses à voir ! »
Je m’allonge sur le sol.
L’incessant crissement des cigales me berce.
Je m’endors !

Ma sœur arrive !
Elle est la comtesse de la Pâte Feuilletée,
Je suis le marquis de la Motte-Piquet-Grenelle du Château de Sceaux.
Nous partons en riant nous construire un château au milieu des lauriers-tain.

Vivre !
Vivre intensément chaque seconde qui passe !
Fermer les yeux !
Écouter le bruit des vaches !
Sentir le soleil se cacher doucement derrière les grands pins,
Couleurs du soir, rouges, roses, bleus, verts, violets et ors mêlés !
Recréer les décors sur la feuille de papier,
Faire jaillir leurs notes sous l’archet du violon,
Faire sonner les mots pour raconter l’histoire !
A quoi pensait le petit Magellan, perché sur son vieux mur de pierres sèches en regardant les vignes onduler à l’infini ?
« Maman ! Qu’-y-a-t’il de l’autre côté des vignes ? »
Sur le sol craquelé par la chaleur torride,
Je construit mon bateau avec des brindilles.
« Vole, nage, affronte la vague et les démons hurlants !
Va mon navire, traverse l’océan !
Va découvrir les îles aux senteurs dorées
Où des enfants tout nus jouent avec la marée.»
Je suis sur la plage,
Un coquillage sur l’oreille et le monde entier me raconte son histoire.

Les enfants vivent une vie chaque jour.

« Tuuuut ! Tuuuut ! »
« Regardez, il émerge, il a ouvert un œil ! »
Je découvre ahuri ces hommes et femmes en bleu qui s’agitent autour de mon lit.
Je fais un signe de la main.
« Vous allez bien ? »
« Oui !  Je dis : « à bientôt ! » à l’enfant. »
Je me lève et m’en vais.
Une légère brise agite les marronniers.
Un air si doux fredonne sur ma joue.
Je sors en sifflotant !

Antoine Leprette

Mercredi 17 mars 2021
La Maison du pêcheur - Locmiquélic 

"Dans les fêlures du Temps" recueil en préparation

Elle était là ma rose

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Temps

Pour Isabelle

Le soleil par dessus l'horizon pousse les nuages,

Repousse la nuit.

Les yeux grands ouverts,

Je contemple

Les yeux fermés, paupières plissées,

J'écoute

 

Elle était là ma rose

Elle a fleuri ce matin

Refleurira demain

Celle d'aujourd'hui n'est plus

Celle de demain sera

Impermanence des choses

Éternité du temps

 

Elle est fanée ma rose

Sera plus belle demain

Ainsi passe le temps qui nous cache ses merveilles dans ses replis secrets

 

Antoine Leprette

Samedi 12 décembre 2020

La Maison du Pêcheur - Locmiquélic

Recueil en préparation "Dans les fêlures du Temps"

Merveille de la rose qui ce matin avait déclose

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Temps, Vivre

Pour Isabelle

Dans le matin naissant, une rose a fleuri

Et la fleur s'est fanée quand la journée est close

Demain dans mon jardin, elle renaîtra la rose

Merveille de la fleur qui tous les jours revit.

 

J'attends impatiemment son rendez-vous galant

Je voudrais être abeille, bourdon ou papillon,

Pénétrer son calice entrouvert doucement

Me gaver de son suc, féconder ses boutons

 

Merveille du temps qui passe, toujours se renouvelle

Et mon cœur qui s'embrase

Toujours, encore, sans cesse

Comme une première fois

 

Là-bas dans la vallée

J'entends danser le vent

Chante, chante la bise

Rend fort mon cœur d'enfant

 

A chaque heure qui passe, je peux créer le monde

Avec mes yeux, ma bouche, tous mes sens en avant

Mes oreilles tendues aux doux chants des oiseaux

Et ma peau qui frémit au bruissement du temps

 

Mes papilles sont gourmandes

Je veux vivre et goûter, déguster, aimer, me délecter

Du soleil, de l'eau, des arbres et des grands vents

Ivresse du moment, extase du toujours

Jubilation de l'éternité, contenue dans l'instant

 

S'émerveiller du temps qui passe

S'émerveiller du temps qui vient

Pour combattre nos peurs et vivre le présent

 

Savoir que nous sommes atomes et molécules

Venus du fond des temps, du secret des étoiles

Savoir que l'infini repose au creux de la rose qui s'étiole

Dégageant son parfum si doux et fort ensemble

Savoir que cette mort prépare son renouveau

Qu'elle a besoin de moi comme je n' suis rien sans elle

Ce savoir là m'émeut et me remplit de joie

 

Dans le matin naissant, une rose a fleuri

Et la fleur s'est fanée quand la journée est close

Demain dans mon jardin, elle renaîtra la rose

Merveille de la fleur qui tous les jours revit.

 

Antoine Leprette

Lundi 14 décembre 2020

La Maison du Pêcheur - Locmiquélic

Recueil en préparation "Dans les fêlures du Temps"

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