Une tache sur un mur

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Vivre
Poème publié dans le numéro 27 de la revue Spered Gouez (Esprit sauvage). Pour commander cliquer ici 
Extrait: 



S’ennuyer
Tourner en rond
Mortelle lassitude
Terrible solitude 
S’ennuyer seul
A deux, en foule
Au milieu de la foule
Ne plus sentir son cœur battre
Redouter les minutes qui passent
Quand plus rien ne se passe
Qu’il n’y a plus rien à faire
Qu’attendre, attendre, attendre !
Sentir ces petites décharges électriques qui parcourent la nuque,
Une vague nausée au niveau du plexus,
Cet étrange mal au cœur qui monte, qui monte !
Le Temps se remplit du vide et ce vide  gagne  mon temps.
Dans le rien, comme à l’origine, est tapie l’énergie du tout.

Puisqu’il me faut attendre et n’espérer de rien,
Puisque la joie ne me vient plus du plaisir des autres, 
Absents ou anonymes en foule amorphe,
Je décide de filer,
Je pars en rêverie,
Mon esprit vagabonde.
Ce vide est comme un puits,
Je m’abreuve de son eau.
Une tache sur un mur devient une madone,

.... suite du poème dans le n° 27 de la revue Spered Gouez

 

Antoine Leprette

La Rose rouge (extraits)

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Classé dans : Poèmes et mots des amis et d'ailleurs Mots clés : Nature, Vivre

Pour parler de la Provence, je veux partager ces descriptions si fines, si élégantes, rédigées par mon grand-père, Fernand Leprette, il y a près de soixante dix ans dans son beau livre, la Rose rouge, qui rend hommage à une amie provençale, trop tôt disparue, victime d'un cancer. Mon grand-père était un homme du Nord, fasciné par les lumières du sud, mais tellement respectueux de ces hommes, de ces femmes qu'il rencontrait et de ces paysages qui l'éblouissaient. C'est en homme grandi dans les corons du Cambraisis, venant d'Egypte où il séjournait depuis bientôt trente ans, qu'il décrit ces paysages provençaux qu'il découvre pour la première fois, près de Joucas, non loin de Gordes et de Roussillon, la demeure dont son amie était originaire

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Le monde dans une brindille

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Vivre, Ennui

Courir !
Courir !
Encore courir !
Au loin le métro, 
Le téléphone dans ma poche,
Dans mon sac, les clefs de ma voiture,
Mon chéquier, mon portefeuilles,
« Bonjour mon amour ! À ce soir ! »
« Salut les enfants ! Travaillez bien ! »
« Vous allez bien madame Martin? 
Oui ! Oui ! Je sais ! Vous me direz ? »
Allo ?
Allo ……

Je dérive !
Loin, très loin, dans un nuage de coton,
J’entends des bruits étranges :
Tuuut ! Tuuuut !
Une sonnerie !
Des gens s’affairent autour de moi.
Où suis-je ?
Mon esprit s’envole.

«Qu’est-ce que j’peux faire !
 J’sais pas quoi faire !»
« Silence ! J’écris ! »
Anna Karina et Jean Paul Belmondo, dans un paysage de rêve, traversent mon écran intérieur.

J’ai dix ans.
Il fait chaud, très chaud !
Le soleil darde ses rayons brûlants,
L’air vibre au-dessus des touffes de thym,
Le puits et la citerne,
La citerne et le puits.
«Qu’est-ce que j’peux faire !
 J’sais pas quoi faire !»
Je m’allonge sur le sol et contemple une mante religieuse avaler son mâle.
Plus loin, une araignée tisse sa toile,
Je lui donne une mouche et la regarde l’envelopper.
Thriller !
Une colonne de fourmis s’agite à double sens,
Une véritable autoroute traverse la campagne,
Je la suis le long des feuilles mortes,
Sur le rebord des branches,
Au travers du vieux mur de pierres sèches.
« Ne s’arrêtent-elles jamais ? »
Du vieux gramophone de la véranda me parvient ce vieil air :
« Y a tant de choses, tant de choses, tant de choses à voir ! »
Je m’allonge sur le sol.
L’incessant crissement des cigales me berce.
Je m’endors !

Ma sœur arrive !
Elle est la comtesse de la Pâte Feuilletée,
Je suis le marquis de la Motte-Piquet-Grenelle du Château de Sceaux.
Nous partons en riant nous construire un château au milieu des lauriers-tain.

Vivre !
Vivre intensément chaque seconde qui passe !
Fermer les yeux !
Écouter le bruit des vaches !
Sentir le soleil se cacher doucement derrière les grands pins,
Couleurs du soir, rouges, roses, bleus, verts, violets et ors mêlés !
Recréer les décors sur la feuille de papier,
Faire jaillir leurs notes sous l’archet du violon,
Faire sonner les mots pour raconter l’histoire !
A quoi pensait le petit Magellan, perché sur son vieux mur de pierres sèches en regardant les vignes onduler à l’infini ?
« Maman ! Qu’-y-a-t’il de l’autre côté des vignes ? »
Sur le sol craquelé par la chaleur torride,
Je construit mon bateau avec des brindilles.
« Vole, nage, affronte la vague et les démons hurlants !
Va mon navire, traverse l’océan !
Va découvrir les îles aux senteurs dorées
Où des enfants tout nus jouent avec la marée.»
Je suis sur la plage,
Un coquillage sur l’oreille et le monde entier me raconte son histoire.

Les enfants vivent une vie chaque jour.

« Tuuuut ! Tuuuut ! »
« Regardez, il émerge, il a ouvert un œil ! »
Je découvre ahuri ces hommes et femmes en bleu qui s’agitent autour de mon lit.
Je fais un signe de la main.
« Vous allez bien ? »
« Oui !  Je dis : « à bientôt ! » à l’enfant. »
Je me lève et m’en vais.
Une légère brise agite les marronniers.
Un air si doux fredonne sur ma joue.
Je sors en sifflotant !

Antoine Leprette

Mercredi 17 mars 2021
La Maison du pêcheur - Locmiquélic 

"Dans les fêlures du Temps" recueil en préparation

Merveille de la rose qui ce matin avait déclose

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Temps, Vivre

Pour Isabelle

Dans le matin naissant, une rose a fleuri

Et la fleur s'est fanée quand la journée est close

Demain dans mon jardin, elle renaîtra la rose

Merveille de la fleur qui tous les jours revit.

 

J'attends impatiemment son rendez-vous galant

Je voudrais être abeille, bourdon ou papillon,

Pénétrer son calice entrouvert doucement

Me gaver de son suc, féconder ses boutons

 

Merveille du temps qui passe, toujours se renouvelle

Et mon cœur qui s'embrase

Toujours, encore, sans cesse

Comme une première fois

 

Là-bas dans la vallée

J'entends danser le vent

Chante, chante la bise

Rend fort mon cœur d'enfant

 

A chaque heure qui passe, je peux créer le monde

Avec mes yeux, ma bouche, tous mes sens en avant

Mes oreilles tendues aux doux chants des oiseaux

Et ma peau qui frémit au bruissement du temps

 

Mes papilles sont gourmandes

Je veux vivre et goûter, déguster, aimer, me délecter

Du soleil, de l'eau, des arbres et des grands vents

Ivresse du moment, extase du toujours

Jubilation de l'éternité, contenue dans l'instant

 

S'émerveiller du temps qui passe

S'émerveiller du temps qui vient

Pour combattre nos peurs et vivre le présent

 

Savoir que nous sommes atomes et molécules

Venus du fond des temps, du secret des étoiles

Savoir que l'infini repose au creux de la rose qui s'étiole

Dégageant son parfum si doux et fort ensemble

Savoir que cette mort prépare son renouveau

Qu'elle a besoin de moi comme je n' suis rien sans elle

Ce savoir là m'émeut et me remplit de joie

 

Dans le matin naissant, une rose a fleuri

Et la fleur s'est fanée quand la journée est close

Demain dans mon jardin, elle renaîtra la rose

Merveille de la fleur qui tous les jours revit.

 

Antoine Leprette

Lundi 14 décembre 2020

La Maison du Pêcheur - Locmiquélic

Recueil en préparation "Dans les fêlures du Temps"

Les poèmes d'Adèlaïde

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Classé dans : Poèmes et mots des amis et d'ailleurs Mots clés : Vivre, Temps

Les poèmes d'Adèlaïde, rédigés après le grand départ de notre ami Luc de la communauté du Plancher des chèvres de Bauduen dans le Var, sont d'une grande fraîcheur et témoignent d'un grand amour de la vie. Merci Adélaïde. On t'a fermé les yeux mais pour nous, ils restent grands ouverts, a tchao Luc.

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