Publié dans le n° 202 de la revue Florilège
Le Temps du rêve
Les jours passent, les heures avec,
Irréalité du Temps qui passe.
Le Temps est un rêve,
Seul mon rêve est réel.
Quand je m’endors, je m’éveille
Dans un univers sans début et sans fin.
Dans ce monde il n’y a ni heures, ni jours,
La vie est là, c’est tout.
Tout y vit superposé, sans avant, sans après,
Les personnages y sont sans lendemains.
C’est le Temps de mes nuits,
Le Temps des miens (ou le Temps pour moi).
Et puis je m’éveille ou plutôt je m’endors,
J’entre dans le rêve du Temps qui passe.
Les heures succèdent aux heures,
Au début est la naissance et la mort à la fin.
Le présent devient passé, l’avenir une chimère,
Les hommes s’agitent par peur du lendemain.
C’est le temps du soleil, du ciel gris, de la pluie,
Le Temps des autres.
Antoine LEPRETTE
Publié dans le numéro 189 de la revue Florilège
S’allonger sous un arbre et contempler le monde
Noir sur fond blanc
Blanc sur fond noir
Mains de l’arbre, écheveau de ciel s’interpénètrent
Qui est quoi ?
Le regard suit les méandres
Arbre blanc sur fond d’orage
Arbre noir sur ciel de printemps
Les réalités s’entrecroisent
Comment suivre le fil ?
Antoine LEPRETTE
Mercredi 6 juillet 2022
La Maison du Pêcheur – Locmiquélic
Poème publié dans le numéro 28 de la revue Spered Gouez de novembre 2022 sur le thème "l'incertitude pour principe" (cliquer sur la page de couverture)
Je me promène sous un ciel gris de nuages plombés,
Les vagues me viennent au visage,
Mon corps plie dans le vent qui tournoie.
Dans le fond de la baie, les corps gisants des bateaux,
Squelettes délaissés dans la vase putride,
Reposent abandonnés au milieu de l’estran.
Au loin, un visage apparaît dans la brume.
Un visage ?
Des formes étranges surgissent et disparaissent
Couronnées de varech,
Goémon en collier.
Je frissonne !
Ce sont les survivants de ces barques coulées,
Sûrement !
Ils profitent du vent pour nous interpeller,
Ils me tendent les bras.
Viennent-ils pour me parler ?
Que veulent ils me dire ?
Un crachin épais lacère mes paupières.
Qui sont-ils ?
Où vont-ils ?
Je ne sais quoi répondre,
Mon cœur est si troublé.
Et puis le vent se calme.
Un bandeau de lumière vient effranger la brume,
La marée est montante,
Les carcasses des canots sont happées par la houle.
Bientôt, l’air s’arrête,
Plus une risée sur l’eau.
La baie devient miroir où se mirent les oiseaux.
Je contemple hébété ce nouveau paysage.
Où sont donc ces errants venus m’interpeller?
J’erre entre deux eaux.
Était-ce un rêve ou la réalité ?
Et quelle réalité ?
Où se niche la frontière ?
Vendredi 22 avril 2022
La Maison du Pêcheur – Locmiquélic
Extrait de « Songeries », recueil en cours