Les mille et une couleurs du noir

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : S'émerveiller

Publié dans le n°201 de la revue Florilège

Hommage à Pierre Soulage

 

Le noir m'habite,

Le noir me prend.

Je suis inondé de lumière.

Le noir se drape d’or, de rouge, de bleu, de vert,

Une toile brille sur un mur d’acier rouillé,

C’est l’air qui vibre au soleil de tous les étés,

C’est le désert qui scintille la nuit, reflète les étoiles.

Le noir devient couleurs.

Les mille et un reflets du noir quittent le monde d’en bas,

La souffrance, le trépas,

Ils gagnent la lumière, se pare de soleil,

Le noir devient fête,

Feu d’artifice d’encres de Chine.

 

Antoine LEPRETTE

Libre

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Vivre, Liberté

Publié dans mon recueil Être(s) libre(s) vivant(s)!, dans le n° 203 de la revue Florilège et dans le recueil 2026 du Printemps des Poètes édité par l'APHP

 

Entrer en douceur dans des déserts brûlants

Tutoyer les étoiles

Revoir son doux visage

Entrouvrir les lucarnes de ses yeux pour lui offrir ses paysages

S’envoler sur les ailes de ses rêves les plus fous

L’aimer elle, lui, le différent, la différente, lui, elle, les pas-pareil(le)s

Inventer la douceur d’un matin frais, les caresses du vent

Brûler les jours mauvais

Renaître tous les jours à des matins nouveaux

Errer, sans but, pour le simple plaisir d’être

S’étonner encore, s’émerveiller toujours

Vivre doucement, intensément, chaque minute, chaque seconde

Inventer ses lumières, ses parfums, ses musiques

Voir les mots en couleurs, en dégradés de gris

Arpenter les chemins, choisir les carrefours

Naviguer au-delà des flots et au-delà du Temps

Tenir les deux bouts de sa vie tout en s’abandonnant

S’en aller doucement, sourire aux lèvres, faire un signe de la main, sans se retourner.

 

Antoine Leprette

 

Le Temps du rêve

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Rêves, Temps, Réel

Publié dans le n° 202 de la revue Florilège

Le Temps du rêve

 

Les jours passent, les heures avec,

Irréalité du Temps qui passe.

Le Temps est un rêve,

Seul mon rêve est réel.

 

Quand je m’endors, je m’éveille

Dans un univers sans début et sans fin.

Dans ce monde il n’y a ni heures, ni jours,

La vie est là, c’est tout.

Tout y vit superposé, sans avant, sans après,

Les personnages y sont sans lendemains.

C’est le Temps de mes nuits,

Le Temps des miens (ou le Temps pour moi).

 

Et puis je m’éveille ou plutôt je m’endors,

J’entre dans le rêve du Temps qui passe.

Les heures succèdent aux heures,

Au début est la naissance et la mort à la fin.

Le présent devient passé, l’avenir une chimère,

Les hommes s’agitent par peur du lendemain.

C’est le temps du soleil, du ciel gris, de la pluie,

Le Temps des autres.

 

Antoine LEPRETTE

Dépression, Les âmes errantes, L'espérance est un songe

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Solitude, Ennui, Dépression

Trois poèmes publiés dans le n° 205 de la revue Verso

Dépression

J’ai un serre-tête sur les tempes

Une mâchoire sur la nuque

Un voile noir de chagrin

Un ascenseur sur l’œsophage

Plexus en vrac

Petits papillons noirs

Insidieuses nausées

Et je voudrai dormir !

01 mars 2024

 

Les âmes errantes

Qui sont ces ombres errantes qui flottent à la surface du monde ?

Frénétiques, elles s’agitent en tous sens

Danseuses spectrales

Fantômes de nuit

Quelle raison les anime ?

Où vont-elles ainsi du levant au couchant ?

Que deviennent leurs traces après la pluie du soir ?

Corps sans âmes

Âmes erratiques

Dès jetés sur le plateau feutré

Dès qui roulent

Dès pipés

Parfois, je me demande !

03 mars 2024

 

L’espérance est un songe

Vivre est un mensonge,

Espérer est un songe,

Chaque jour qui passe tue celui qui s’en va.

Vivre c’est jouer et tous les jours je mise,

Comme au poker.

Et si je gagne tant mieux et tant pis si je perds.

Nous vivons, une chouette sur l’épaule gauche,

Elle nous dit je t’attends.

En l’attendant, je fais semblant.

Je rêve ma vie, je la dessine,

Côté pile pour la vie,

Côté face c’est mourir.

Mais si je truque la pièce, elle roule sur la tranche

Mais toujours, toujours, elle finit par tomber.

De quel côté ?

C’est la chouette qui décide sauf à truquer le barillet.

 

Nous sommes hier, aujourd'hui et demain,

De notre Temps, nos vies forment les grains.

Mes atomes vivaient dans la semence de mon père,

Dans les ovules de ma mère.

Demain ils seront mer, terre ou bien poussière,

Pâquerette ou gabian, poireau ou éléphant.

Nous sommes naissance, mort et jouissance,

Tout à la fois, une succession d'instants,

Bonheur tragique et magnifique de notre condition.

Tout est respiration,

Inspire,

Expire,

Nous, l'Univers et le Temps,

L'infini dans la paume de la main1.

 

Poussières d'étoiles2,

Pétris d'amour et de passion, de vie et mort mêlées,

Hébétés devant un bouton d'or,

Rêveurs d'étoiles,

Tour a tour amants, parents et assassins,

L'éphémère est notre lot,

Demain est notre espoir,

Aujourd'hui notre combat,

Hier, nos paradis perdus.

L'espérance est sans objet,

C’est moi qui dessine et choisis les couleurs.

Dans les cocktails Molotov, j’ai mis du Martini3

Et tant pis pour la chouette !

Vivre c’est choisir et survivre est subir.

Samedi 8 février 2025 - La Maison du pêcheur

 

Antoine LEPRETTE

 

1Titre d’un ouvrage du biologiste Matthieu Ricard et de l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan.

2Titre d’un ouvrage de l’astro-pĥysicien Hubert Reeves

3Allusion à un vers tiré du poème de Léo Ferré Il n’y a plus rien

La fille de tes quinze ans

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Classé dans : Voyages en poésie Mots clés : Amour, Vivre

Elle est revenue la fille de tes quinze ans

Ses cheveux ont blanchi

Les tiens aussi

Tous deux êtes chargés du poids de tant d’années

Vos besaces sont remplies

De vos blessures

De vos peines

De mille bonheurs aussi

On y trouve en vrac vos amours passionnés

Vos projets avortés

Vos rêves partagés

Avec un autre

Avec une autre

Chacun sa route !

 

D’un chagrin immense naît un nouveau présent

Elle est là devant toi

Son sourire est le même

Et ton désir aussi

On a vu parfois rejaillir le feu

De l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux

Brel chantait pour vous

Tu la prends dans tes bras

Elle t’embrasse

Le Temps s’efface

Et vous avez quinze ans !

 

Antoine Leprette

Jeudi 11 juin 2025 – La Maison du Pêcheur – Locmiquélic

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