Elle est revenue la fille de tes quinze ans
Ses cheveux ont blanchi
Les tiens aussi
Tous deux êtes chargés du poids de tant d’années
Vos besaces sont remplies
De vos blessures
De vos peines
De mille bonheurs aussi
On y trouve en vrac vos amours passionnés
Vos projets avortés
Vos rêves partagés
Avec un autre
Avec une autre
Chacun sa route !
D’un chagrin immense naît un nouveau présent
Elle est là devant toi
Son sourire est le même
Et ton désir aussi
On a vu parfois rejaillir le feu
De l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux
Brel chantait pour vous
Tu la prends dans tes bras
Elle t’embrasse
Le Temps s’efface
Et vous avez quinze ans !
Antoine Leprette
Jeudi 11 juin 2025 – La Maison du Pêcheur – Locmiquélic
Plusieurs recensions et commentaires sympas à propos de Être(s) libre(s)! Vivant(s):
Association des Écrivains Bretons
L’A.E.B signale le recueil dans son dernier numéro en ligne de Infos AEB n° 60 du 15 décembre 2025, en page 8.
https://ecrivainsbretons.org/images/pdf/INFO-AEB-n-60-decembre-2025.pdf
Recension dans Poésie sur Seine n° 117 de Décembre 2025:
Le titre laisse hésiter entre le concept (le verbe être) et les êtres réels qui sont le véritable objet de ce recueil plein d'idées, certes, et surtout d'idées généreuses, mais où la présence et la richesse de l'humain l'emporte sur les illusions (« l’espérance est un songe / l’éphémère est notre lot »), car « le réel est là qui de partout nous guette ».
Ce réel, c’est celui des militants emprisonnés au combat pour la liberté, c’est celui des femmes victimes de violences (« femme courage »), celui des demandeurs du droit d’asile, ou celui des « lendemains de confinement » ; lorsque « la vie reprend son cours », ce qui nous attend, c’est cette société de consommation à laquelle nous nous trouvons impuissants à échapper : « pas question d’arrêter / De pesticider / Herbicider / Fongicider ... » Mais « on construira notre monde / A côté / Il finira bien par déborder / Par vous inonder de nos rires joyeux ».
Ce recueil, qui navigue entre une réalité souvent décevante et un rêve de mieux nous aide, à travers ses beaux vers, à croire à l’avenir des hommes et du monde : « Nous sommes hier, aujourd’hui et demain / De notre temps, nos vies forment les grains ».
Antoine de Matharel.
Le recueil peut être commandé directement auprès de l'auteur: antoine@leprette.com
Mon nouveau recueil, Être(s) libre(s)! Vivant(s)! sort d'impression sous le label France Libris imprimé par l'imprimerie ICN à Orthez
Commande directement auprès de l'auteur: antoine@leprette.com au prix de 10 € (14 € avec les frais de port).
Quand Corto Maltese, le personnage d’Hugo Pratt se fait lire les lignes de la main par une Gitane amie de sa mère, celle-ci constate qu’il n’a pas de ligne de chance. Qu’à cela ne tienne, Corto prend le rasoir de son père et s’en taille une au travers de la paume. Au-delà de tous nos déterminismes, sauf cas extrêmes, nous avons toujours le pouvoir de décider de nos vies et cette liberté nous engage et engage les autres. Ce recueil, « Être(s) libre(s) ! Vivant(s) » se veut un modeste hommage à ces « Êtres libres » pour qui la quête de liberté est une boussole quotidienne.
Comment « Être libre » ? La liberté est un combat, souvent douloureux, parfois contre le monde qui nous entoure, parfois contre soi-même avec ses écueils, ses limites, ses bonheurs et ses drames.
Dans tous les cas, elle nous rend plus fort, « Vivant(s) ! »
La page de couverture est illustrée par Titouan.
La tempête est passée, un voilier à la côte
Un autre au fond de l’eau a rejoint les poissons
À la marée perdue, les os d’anciens navires s’exhibent
Sur la pointe de Kerzo
Dans l’anse de Kerhervy
Les âmes errantes s’agitent
Le ciel est gris, nuages fous
Un cormoran guette sur la balise qui signale le Loc’h
Tout est suspendu !
Bientôt la vie reprend
Les bernaches sont là qui viennent s’abriter
À Pen Mané dans le marais
Sur l’estran du Normandez
Elles viennent de la toundra
Un voyage insensé, une si longue traversée
Dans la brume qui poisse
Une sirène retentit
Un cargo glisse dans l’écume
Franchit la passe au pied de la vigie
Salue la citadelle, écarte les voiliers
Il s’en va vers l’ailleurs, peut-être l’Argentine
Un chalutier au loin s’en va racler les fonds
Au large du ban d’Arguin
Pêcheur breton, sénégalais, chacun ses larmes
Un imoka s’entraîne, il vole au ras de l’eau
Le Kerpont emmène les passants en traversant la rade
Lycéens minahouets, de Port-Louis, de Riantec
Sourires du matelot, bonne journée, kenavo
La vie reprend son cours jusqu’au prochain coup de vent
Antoine LEPRETTE https://antoine.leprette.fr/site/
Mercredi 5 mars 2025 – La Maison du Pêcheur – Locmiquélic
C’est un soir de Décembre
Il fait froid en Décembre
Un beau soir de Noël
C’est doux Noël
Ils passent les passants
Vite ! Vite !
À pas pressés
Les yeux baissés
Dernières surprises
Derniers cadeaux
Jolis rubans, jolis papiers
Elle est là !
Sur le trottoir
Sa grande écharpe de laine
Sa capuche
Son carton
Ses grands yeux verts posés sur le bitume
Ses grands yeux verts qui disent :
« J’ai vingt ans ! »
C’est terrible d’avoir vingt ans
Quand on dort sur un carton
Quand on habite un trottoir
Un soir de Décembre
Un beau soir de Noël
Antoine LEPRETTE https://antoine.leprette.fr/site/
Jeudi 03 octobre 2024 – La Maison du Pêcheur - Locmiquélic
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